Six mois au gré de la Biennale Némo

Biennale Némo 2017

Et c’est parti pour Némo 2017…2018 ! Après la soirée d’ouverture haute en live AV du Trianon de ce mercredi, la très étalée Biennale Internationale des Arts Numériques de Paris et d’Île-de-France prend ses quartiers d’automne …et d’hiver. C’est en effet sur six mois de temps (jusque fin mars) qu’elle proposera, dans le sillage de sa maison-mère Arcadi et de l’approche très vulgarisatrice de son mentor Gilles Alvarez, une programmation extensive dédiée à des principes de sérendipité – c’est à dire de découverte inopinée, conséquence d’un « hasard artistique intentionnel » – appliqués aux arts numériques dans toute leur transversalité, et donc particulièrement propices aux surprises et aux « accidents créatifs ». Suivez le guide !

Ouvrir un festival estampillé art numérique par les solos de guitare free-rock de Julien Desprez téléguidant des jeux de lumières stroboscopiques, voilà qui est bien dans l’esprit curieux de Némo. Une performance iconoclaste qui, aux côtés des live AV du projet Walter Dean de Guillaume Marmin/Jean-Baptiste Cognet, du Convertisseur des Berlinois de Parquet et de la collaboration réunissant Ben Frost et Marcel Weber /MFO (pilote multimédia du festival Atonal), inaugurait au Trianon les six mois d’aventures extra-numériques que propose désormais la formule biennale de la manifestation.


WALTER DEAN (Guillaume Marmin & Jean-Baptiste Cognet) - Teaser n°1 

 

Des aventures artistiques larges que le directeur et programmateur du festival, Gilles Alvarez, a avant tout voulu tracé dans cette édition comme une sorte d’« errance fertile, propre de l’art (et aujourd’hui d’Internet), favorisée par l’indétermination, la non-linéarité, l’altérité, le voyage plutôt que la destination ». Une posture qui fait suite à des années d’expérience festivalière, mais qui trouve surtout son prolongement dans la continuité de la première édition de cette Biennale qui portait déjà sur des principes insoupçonnés, en l’occurrence ceux de l’art démiurge de Prosopopées : quand les objets prennent vie en 2015. 
La thématique énoncée de cette édition 2017/2018 - Hasard, accident ou sérendipité ?-, place donc l’art et l’art numérique face de nouvelles expériences de création inattendue, dont on peut cependant se demander, à l’image de Gilles Alvarez, « s’il (leur) restera encore une place dans un futur très proche où tout ne sera plus qu’anticipation, datafication, quantification et normativité ». 


Eglise Saint Merry Némo
Biennale Némo 2016 Église Saint-Merry, Paris © Quentin Chevrier 

Un parcours en immersion francilienne

En attendant, cette logique de parcours improbable, semé d’embûches prenant la forme de performances, d’installations et de rendez-vous prospectifs maillant nos agendas, c’est bien le crédo d’une biennale qui nécessiterait presque l’assistance une I.A. pour ne pas en rater toutes les étapes !

Parmi celles-ci, la première arrive très vite avec dès ce samedi l’installation lumineuse du collectif néerlandais Children of the Light à l’Eglise Saint Merry dans le In de la Nuit Blanche. Autres temps forts : les spectacles/performances de réalité virtuelle itinérant Les falaises de V. de Laurent Bazin (Compagnie Mesden) et d’intelligence artificielle théâtralisée du Soft Love de Frédéric Deslias (Cie Clair Obscur) (lire article dédié) ; l’immersion sonique de Robin Fox et Sean Baxter le 19 octobre aux Instants Chavirés de Montreuil ; la soirée dédiée au label graphique Optical Sound le 28 octobre à Gentilly ; la rencontre à la Dynamo de Pantin autour du spectacle live de NSDOS et de la nouvelle installation d’Antoine Schmitt, La Chance ; l’exposition L’Origine du monde (numérique) du 15 au 25 novembre à la Cité internationale des arts ; des visites exceptionnelles de l’atelier de Nicolas Schöffer en novembre ; l’évènement art / Science Objectif Lune impulsé avec la Maison de la Musique de Nanterre en janvier (avec Ryoichi Kurokawa, Flavien Théry, Thierry Balasse et la lecture scientifique Entropy portée par Anti VJ et Dopplereffekt) ; le splendide live AV Continuum  de Paul Jebanasam et Tarrik Barri à la Philarmonie de Paris le 26 janvier ; la fiction climatique Absynth du collectif Hehe à la Grande de la villette fin mars ; et diverses rencontres autour des rapports entre spectacle vivant et nouvelles technologiques numériques (le cycle Sors De Ce Corps ! à la Gaîté lyrique en février), ou plus largement autour des enjeux de société à l’ère du numérique (Rencontres InCité #2 : Humain, demain ? à la Scène nationale de Saint-Quentin-en-Yvelines en mars).

Les Faits du Hasard au CENTQUATRE 

Mais le moment charnière de Némo risque fort d’être encore la grande exposition centrale au CENTQUATRE du 9 décembre au 4 mars. Conçue par Gilles Alvarez en codirection avec José-Manuel Gonçalvès, directeur du CENTQUATRE , Les Faits du Hasard s’inscrit pleinement dans la thématique de la biennale en mettant en scène différentes propositions esthétiques d’artistes numériques revendiquant ce « hasard organisé » comme une approche choisie, une lecture plus poétique et plus contemplative de notre société technologique filtrée par le numérique.


PIxel lent / slow pixel de Cyril Leclerc 

Attendez-vous donc à quelques surprises quand vous y entrerez en collision avec les cadavres exquis à base de matières analogiques, datas numériques, processus chimiques et autres projections live cinéma du Buzz Aldrin Syndrom de Quentin Euverte, lorsque vous vous projetterez dans le corps d’un autre, casque VR à l’appui, à travers l’expérience de body swap de The Machine To be Another du collectif BeAnotherLab, ou lorsque vous observerez les chorégraphies pixellisées des escargots augmentés du Pixel Lent de Cyril Leclerc et Elizabeth Saint-Jalmes.

Laurent Catala

Némo, Biennale des Arts Numériques, Paris Île-de-France
Octobre 2017-mars 2018

www.biennalenemo.fr   /  Programme


TEASER BIENNALE NÉMO 2017/18

 
 

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