Les meilleurs courts-métrages 360° au SAT Fest 2017

SAT Fest

Jusqu’au 3 mars 2017, à l’occasion du SAT Fest, la Satosphère ouvre ses portes à un large public. L’objectif ? Faire découvrir la crème des courts-métrages à 360°. Aussi ce sont plus de dix artistes internationaux, vidéastes et musiciens, qui présenteront des courts-métrages aux esthétiques plurielles.

Lieu de création et de résidences, la SAT (Société des arts technologiques) de Montréal est devenue une référence outre-Atlantique lorsqu’il s’agit de créer des projets immersifs innovants (lire l’article). Que ce soit pour des performances audiovisuelles, musicales, chorégraphiques ou des jeux, les artistes sont invités à venir explorer de nouveaux territoires sensoriels. Il faut que dire que l’écrin de la SAT, la Satosphère, un dôme géant à 360° de plus de 10 mètres de haut, offre de multiple possibilités.

Le SAT Fest se concentre tout particulièrement sur le film à 360° avec sept courts-métrages sélectionnés de très hautes qualités. Ensemble ils constituent une performance d’une quarantaine de minutes. Il s’agit là de mettre en lumière une avant-garde d’artistes et de défricher un langage - celui du film à 360° - s’imposant de plus en plus dans nos vies quotidiennes.

Louis-Philippe St-Arnault, directeur du département immersion, est chargé de la coordination de la SAT. Joseph Lefèvre, directeur du programme de résidence et de création, organise les appels à projets et le comité de sélection du SAT Fest. Ces deux personnalités incontournables de la SAT expliquent plus en détails l’ambition du festival et la sélection des courts-métrages 2017.
 


SAT Fest 2017 from Society for Arts and Technology 

Comment est né le SAT Fest ?

Joseph : Beaucoup d’artistes internationaux sont invités à travailler l’immersion. A une époque où l’immersion tend à se démocratiser - notamment par l’arrivée des casque VR-  nous avons mis en place des formations, de tous niveaux, pour les artistes, quelles que soient leurs disciplines, qui désiraient migrer vers ces terrains d’exploration. Il y a quelques années nous avons donc présenté une sélection de courts-métrages d’artistes issue de ces formations. Depuis nous avons souhaité instaurer un événement récurrent pour présenter de nouveaux artistes. C’est ainsi qu’est né le SAT Fest. Nous en sommes à la quatrième édition.

Quelle est la vocation du SAT Fest ?

Louis-Philippe : Il faut bien comprendre que la Satosphère est d’abord un lieu de création avant d’être un lieu de diffusion. Les artistes de la SAT cherchent à définir et expérimenter les nouveaux langages immersifs. On peut imaginer mille possibilités : immersion grâce à des vibrations ou à des odeurs. La démarche du SAT Fest vise surtout à montrer au grand public, les manières de produire, que ce soit du son spatialisé ou des images sphériques.


Campus SAT | TouchDesigner + Immersion sonore

Le but est de valider la plateforme d’expression des artistes auprès du public. Le langage du cinéma 360° en est vraiment à ses balbutiements. Il faut donc laisser du temps aux artistes pour comprendre cette nouvelle façon de créer et ouvrir une voie aux générations à venir. Depuis la 3e édition, nous avons également l’envie de promouvoir des artistes internationaux. Cette année, sept nationalités venues des quatre coins du globe sont représentées.

Comment les courts-métrages ont été sélectionnés ?

Joseph : Auparavant nous travaillions uniquement sur commande. Maintenant grâce à des appels à candidatures la programmation est plus ouverte et plus riche. Nous avons une volonté de ne pas privilégier les projets techniques au détriment de la narration et de l’émotion. Pour cette quatrième édition nous avons fait appel à un jury de professionnels qui a sélectionné leurs coups de coeur.

Quelles sont ces coups de coeur ?

Louis-Philippe : Les oeuvres sont vraiment toutes différentes. La performance audiovisuelle Escape de Laszlo Bordos avec un accompagnement au violoncelle de Jóhann Jóhannsson est remarquable. L’esthétique filaire et monochrome paraît certes un peu datée (N.D.L.R projet de 2014 présenté à Ars Electronica) mais le sujet, le fond philosophique, est intemporel. Isometric de Julius Horsthuis et Fraction est un projet organique avec une maîtrise visuelle et une spatialisation sonore millimétrées. Avec ce court-métrage hautement onirique le public est déboussolé. Les artistes relèvent même la performance de faire oublier la structure du dôme... Transparent Machines de l’Américain Beeple est une expérience mécanique d’un autre genre où quelques secondes suffisent à exprimer la puissance émotionnelle du court-métrage. Finalement c’est bien la narration qui est le point commun des sept courts-métrages.


Transparent Machines™ from beeple

La soirée dure près de 40 minutes. Le défi était finalement dans l’articulation de ces courts-métrages ?

Joseph : Le but est de proposer une expérience totale. La continuité des courts-métrages est donc primordiale. La soirée commence avec Résonances Boréales de Dominique St-Amant et Bruno Colpron, une expérience quasi mystique avec une performance piano de Roman Zavada et se termine avec la Escape. Entre ces deux courts-métrages on propose d’autres projets, d’autres ambiances, d’autres émotions.  

Quelle seront les prochaines évolutions du SAT Fest ?

Louis-Philippe : L’idée du SAT Fest est de promouvoir des courts-métrages immersifs. Pourquoi le faire uniquement dans la Satosphère ? Nous avons monté un programme capable d’être livré “clé en main” avec très peu de matériels techniques. Beaucoup d’oeuvres pourraient donc être itinérantes dans des planétariums, des dômes ou des festivals internationaux. L’ambition dans les prochaines années est de faire du SAT Fest un gigantesque portfolio pour les programmateurs de festivals étrangers.
 

Rédaction Adrien CornelissenPhotos : Sébastien Roy

SAT Fest

Satosphère de Montréal
Jusqu’au 3 mars 2017

SAT FEST

 

 

 

 

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