LAB212 encode le MuDA en mode sensible

Starfield Muda LAB212

Fidèle à son approche poétique, interactive et ludique, le collectif LAB212 investit le nouvel espace dédié à « l’art du code » du MuDA de Zürich avec plusieurs pièces dont une nouvelle version de Starfield, retravaillée en collaboration avec Jonathan Fay de Microsoft Research.

C’est à la suite de la présentation au Barbican de Londres, pendant l’exposition Digital Revolution en 2014, de leur installation Les métamorphoses de Mr. Kaliaune métaphore multisensorielle, immersive et théâtrale permettant à l’acteur et aux spectateurs de « vivre » les métamorphoses du personnage principal - que le MuDA de Zürich, encore en gestation à l’époque, a noué contact avec l’équipe de LAB212. Une rencontre immédiatement concluante entre la jeune structure suisse et un collectif développant dans ses œuvres un langage technologique évanescent, imaginatif et ludique.

« Nous avons suivi la création du projet du MuDA et soutenu la campagne de ses deux fondateurs, Caroline Hirt et Christian Etter, sur Kickstarter », explique Béatrice Lartigue de LAb212. « Ce musée est né d’une initiative privée, ce qui est notable et il est axé sur la monstration d’œuvres d’art numériques et sur l’échange à travers des conférences et ateliers à destination du grand public. Nous partageons ce principe de transmission qui est pour nous aussi un point essentiel dans notre démarche. A sa manière, le MuDA interroge la position du musée aujourd’hui : comment exposer des projets en partie virtuels ? Comment figer dans l’espace et dans le temps des pièces parfois entièrement organiques et/ou éphémères ? Quelles traces conserver des expositions passées ? »
 

Muda
Envol, LAb212

Émotion numérique intime

Dans les salles volontairement brutes du musée, la notion de transparence revendiquée par le MuDA a aiguillé LAB212 dans son désir de repenser sa façon de présenter ses œuvres, notamment pour les trois créations présentées, Envol, Enthusiastic Overlay et Variations, une œuvre contemplative conçue et réalisée sur mesure pour une petite pièce du musée.


Variations from Lab212 

Dans ce cadre, leurs environnements interactifs se (re)découvrent de manière encore plus sensible. « La plupart de nos pièces jouent de la confrontation entre les objets du quotidien (une balançoire, une balle de tennis…), leur mise en scène dans l’espace et leur rencontre avec un monde numérique qui par essence est immatériel », explique Béatrice Lartigue. « C’est parfois de ce contraste que naît une émotion ».

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 Enthusiastic Overlay

Une émotion qui se perçoit également dans les relectures de pièces plus anciennes comme Empreintes, une œuvre initiée par un dispositif interactif qui se prolonge ici sur un support papier et continue ainsi à questionner la trace de nos mouvements, la gestuelle de la main et son altération, mais aussi les notions de déformation/anamorphose directement confrontées à la matière du papier et à sa texture.
 


Empreintes — Prints in motion from Lab212 

« Ce qui est intéressant pour nous, c’est à la fois cette expérience sensible, qui peut-être à la fois intime et/ou partagée au sein du musée, collectivement, mais également ses ramifications dans notre monde réel. De par les univers différents dans lesquels nous évoluons, des compétences liées à la matière se sont développées : Tobias Muthesius travaille le bois, Juliette Champain expérimente la céramique. Nos réalisations confrontent "un univers DIY" souvent imparfait et parfois proche du travail de l’artisan à un univers plus organique, plus lisse ».

Starfield au crible du World Wide Telescope

L’Univers au sens large, c’est bien là que se situe encore la matière de la nouvelle déclinaison de la balançoire stellaire interactive Starfield (du nom de l’économiseur d’écran Windows qui lui servait déjà de cadre vidéo-projeté dans sa très simple mais déjà réussie première version). Retravaillée avec Jonathan Fay - data scientist chez Microsoft Research et l’un des architectes du World Wide Télescope, un outil gratuit et open-source de visualisation de l’univers créé par la Société Américaine d’Astronomie - elle ouvre potentiellement de nouvelles perspectives au collectif.


Starfield from Lab212 

 « Microsoft est entré en contact avec le MuDA lors de leur campagne Kickstarter. Ils sont l’un de leurs premiers soutiens. Ce sont eux qui ont d'ailleurs évoqué la possibilité d'impliquer Jonathan Fay » explique Cyril Diagne, autre membre du collectif particulièrement impliqué dans ce dispositif. « Collaborer ensemble sur ce projet a été incroyable, puisque Jonathan a non seulement été capable d'adapter le logiciel du World Wide Telescope pour nos besoins très spécifiques, mais également car sa connaissance approfondie de l'espace nous a permis de repenser l’expérience en profondeur. Les visuels y  sont générés entièrement depuis le World Wide Telescope. Le logiciel agrège des données provenant des meilleurs télescopes terrestres et spatiaux, ce qui en fait l'une des modélisations de l'espace la plus complète et précise disponible actuellement. » De quoi amener LAB212 à la lisière des nouvelles extrapolations art/science les plus contemporaines ? L’avenir nous le dira !


Lab212 Collective — Insights from Lab212 

Laurent Catala

LAB212 au MuDa, Zürich, du 27 août au 23 décembre 2016

lab212.org | muda.co

 

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