Antoine Schmitt, guerre générative à la galerie Charlot

Antoine Schmitt présente une nouvelle série générative, WAR, à la Galerie Charlot jusqu’au 25 avril 2015. Pionnier du genre, il allie depuis plus de vingt ans prouesses programmatives, recherche esthétique et regard sur notre monde contemporain. Les formes de son art peuvent être aussi abstraites que figuratives, s’exposent ou se performent, et s’alimentent de nombreuses collaborations.

Actuellement, Fractal Film est visible dans l’exposition Home Cinema du festival EXIT de la MAC de Créteil. Cette pièce, réalisée avec Delphine Doukhan, montre la même scène dansée selon une infinité de points de vue et de mouvements de caméra créés par l’ordinateur. Elle se renouvelle à l’infini, jusqu’à « épuisement du regard ».

(Image titre : Slit (War series), Antoine Schmitt, 2015. Ordinateur, écran, algorithme spécifique (107 x 63 x 7 cm). Courtesy galerie Charlot.)


Burning from the Inside, Antoine Schmitt, 2015. Ordinateur, écran, algorithme spécifique (107 x 63 x 7 cm). Courtesy galerie Charlot.

La nouvelle série WAR, dont neuf pièces sont visibles à la galerie Charlot, est basée sur l’étude des « structures, mouvements et tactiques de combats des guerres anciennes et contemporaines ». Sur les tableaux-écrans, tous identiques, les pixels livrent bataille. Les différentes forces sont représentées  par des couleurs vives, bleu, rouge, jaune.  On peut penser aux couleurs franches des drapeaux, symboles des nations. Visuellement, les couleurs tranchées exhaltent les mouvements des forces en pésence, alimentées par le fourmillement des pixels qui les composent. Ils se rassemblent pour constituer des masses qui percent, repoussent, pénètrent, envahissent, reculent, chorégraphies infiniment renouvelées.

Chaque tableau représente une stratégie différente, motifs mouvants et hypnotiques. Curieusement, on ne resent pas la violence habituelllement associée à la guerre. Leur caractère inéluctable fascine et quelquefois apaise. Une forme de sensualité en ressort, on pense au rapport amoureux, à la rencontre de deux corps, de deux chimies et aux multiples possibilités d’interactions, d’états, rapides, lents, fusionnels, contraires, harmonieux. Paradoxe ? On sait les liens étroits entre Eros et Thanatos…


Kiss of death (War series), Antoine Schmitt, 2015. Ordinateur, écran, algorithme spécifique (107 x 63 x 7 cm). Courtesy galerie Charlot.

La série WAR sera aussi présentée à La Filature de Mulhouse , parmi d’autres œuvres de l’artiste, du 27 mai au 7 juillet 2015. Fractal Film est programmé dans le cadre du festival Media Art Future à Murcia en Espagne du 15 au 30 avril. Côté performances, Antoine Schmitt se produira le 7 mai au Festival Muttum, Mutmut, Mu, Musique à Plaisir pour TRIPS avec Jean-Marc Chouvel et Olivier Innocenti et le 19 mai pour OW-AO avec Jason Van Gulick et Floy Krouchi dans le cadre du Festival Musique Action à Vandoeuvre lès Nancy.

Antoine Schmitt, Haute Tension
Jusqu'au 25 avril 2015
Galerie Charlot, 47 rue Charlot, 75003 Paris

Site de l'artiste

Sarah Taurinya

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